Ils n'oublieront pas Pascal Péguy...

3 février 2022

Ils n’oublieront pas Pascal Péguy…

En souvenir de Pascal, qui nous a quittés, l’US Tours a tenu à saluer sa mémoire en lui rendant hommage au travers de témoignages de proches, qui l’ont bien connu.

Comme il dévorait la vie et qu’il avançait à deux mille à l’heure, Pascal Péguy, l’épicurien légendaire, avait des projets plein la tête. Vendredi 4, il avait l’anniversaire d’Arnaud, son fils. Dimanche 6, il devait emmené Lucho et Miguel, le poissonnier des Halles, au Michelin à Clermont pour suivre le choc au sommet face à l’Union Bordeaux Bègles. Le 6 mars, à l’occasion du derby face au Stade Poitevin, il avait déjà réservé sa table pour figurer, à Tonnellé, au repas des partenaires de l’US Tours, son club de cœur. Idem le 27 mars pour le derby Joué – Chinon. Autant de rendez-vous que Pascal Péguy, Directeur de Papretec à Clermont, ne pourra pas honorer. Le vendredi 28 janvier à 16h40, l’arbitre ayant sifflé la fin du match.

Quelques heures plus tôt, Pascal devait retrouver ses amis Luc Bracquier, Jean Louis Lebrault et Christophe Doux au P’tit Blanc, dans son fief tourangeau, chez Nico et Stella pour déguster l’habituel Coq au vin. Pascal, cet amoureux de la vie, leur avait, bien malgré lui, fait faux bond. Voilà comment, aujourd’hui, ce trio infernal se retrouve orphelin et pleure ce prince des troisièmes mi-temps.

Jeudi matin, dans la cathédrale Saint Gatien, à Tours, une foule innombrable s’était massée pour lui dire adieu. Parmi l’assistance, on relevait notamment la présence de Jean Michel Guillon, le Président de Clermont, ainsi que celle de Jean Pierre Romeu, l’ancien international auvergnat. Mais aussi de ses nombreux amis de l’US Tours, où Pascal a été successivement talonneur ou pilier, dans les années 80, manager plusieurs saisons à l’époque de Jean Anturville, après 2001, puis enfin partenaire. Sans oublier Joué les Tours ou Luynes, où Pascal a également joué. Après cette journée terriblement compliquée à vivre, ses proches se souviennent. Ecoutons-les nous parler de leur Pascal.

Lucho « c’était mon père sprirituel ». Dévasté par un immense chagrin, Luc Bracquier, sans doute le plus proche de Pascal, prenait sur lui pour dérouler les derniers instants de la vie de son ami. « Jeudi après midi, il est rentré en voiture de Clermont pour rejoindre son domicile de Chambray. Assis tranquillement dans son fauteuil, il tirait sur son imposant cigare, avant de passer à table avec Sophie, son épouse, quand, subitement, il a été emporté dans son sommeil par une violente attaque. » Une semaine plus tard, après l’avoir accompagné jusqu’au bout, Lucho, toujours sous le choc, raconte. « Pascal, c’était mon père sprirituel. C’est grâce à lui, à l’époque manager de l’UST, et à Jean Anturville, que j’ai resigné à l’UST. J’ai même été capitaine de l’équipe où figuraient notamment les Mela, Labrit, Esterez, Tian. Une profonde amitié était née. Le rugby était sa vraie passion. C’était un bon vivant. Il adorait les bringues. Grâce à lui, je suis allé partout. Il m’a emmené au Stade Français, au Racing, puis à Clermont, où il avait sa loge juste à côté du Président de l’ASM. Il m’a aussi fait découvrir le monde de la voile, le Vendée Golbe, la Route du Rhum. Il possèdait un carnet d’adresses colossal. C’était un personnage hors du commun. Pour preuve, Pascal a fait don de trois de ses organes pour de futures greffes du cœur et des reins. Signe de son immense bonté. »

Loulou « c’était un frère ». Des liens très profonds l’unissaient aussi à Jean Louis Lebrault, incapable de faire de longs discours. « Pascal était un homme exceptionnel dans sa loyauté, sa ferveur et son amitié sans faille. Pendant vingt ans, nous avons travaillé ensemble à CMR, CDI et Paprec Touraine, que nous avons ouvert ensemble. Il était mon frère, jamais, je ne pourrais l’oublier. Son seul défaut (il se marre), il n’était pas le dernier à vouloir défendre un copain de jeu ou de vie… C’était un fonceur. »

Doux  « Une personne adorable .» Tant à l’UST, qu’à Joué-les-Tours, Christophe Doux, qui faisait partie de sa garde rapprochée, a eu la chance d’évoluer à ses côtés en première ligne. « Il jouait talonneur ou pilier gauche, se souvient-il. Si ma mémoire ne me trahit pas, cela devait être en 84-85. Alain Guérad entraînait la première de l’UST. Pascal a dû cotoyer notamment Joël Popelin et Bernard Hainault. Nous nous sommes retrouvés ensuite à Joué, où j’ai entraîné Franck, son frère.

Avec lui, nous perdons une personne adorable. Pascal avait le cœur sur la main. Il était généreux et a su nous faire profiter de plein de choses. Avant tout, il aimait la fête, on ne peut le renier. »

Jordi « Une force de la nature ». Pour l’avoir cotoyé quand il était président de l’UST, dans les années 2000, Jean Jacques Jordi témoigne. « C’est un ami de plus de quarante ans. C’est dur de partir à 59 balais. Je me souviens quand il est arrivé de Saint Amand Montrond (Cher). Dans sa vie, il a démarré comme chauffeur routier. Il a grandi et fait sa carrière avec son courage et sa volonté, se construisant lui même. Pascal était un autodidacte. Il était directeur général de Paprec à Clermont. Ensemble, nous avons fait les 400 coups. En dehors, nous nous retrouvions au Newton ou plus tard à la Mairie chez Jean Pierre Poussin pour des soirées endiablées. J’ai du mal à m’en remettre. Nous ne nous étions jamais quittés de vue. C’était un bon vivant, une force de la nature. Un dur sur le terrain, charmant dans la vie. »

Allayrangues « Un grand Monsieur. » « On ne pouvait qu’être ami avec lui, témoigne pour sa part Michel Allayrangues, ancien dirigeant de l’UST. Il était investi à fond dans le rugby. On a partagé des moments fabuleux, telles les parties de chasse mémorables avec Jean Jacques (Jordi). Il a connu une carrière exemplaire. Tout le mérite lui en revient. Quand tu regardes son profil sur Linkedin. Tu découvres diplômes universitaires… école de la rue. Un symbole. Tout est dit. C’est tout lui. Révélateur de sa modestie. Un grand Monsieur, resté humble et construit à la force du poignet. »

Esterez «Un vrai manager ». Champion de France en 2001, le Béarnais Olivier Esterez se veut élogieux. Il se fait le porte parole de toute une génération dorée. « Pascal était très proche des joueurs. Il savait mouiller le maillot. Il était sans cesse avec nous, n’hésitant pas, lors des déplacements, à mettre le short et a participé à l’éveil musculaire. Un grand chef d’entreprise, qui a contribué à amener de gros partenaires à l’UST. Il avait la dimension d’un vrai manager. »

Faure « Un monstre de gentillesse. » Ancien demi de mêlée de l’UST et actuel co-président de Joué-les-Tours, Denis Faure se remémore une anecdote savoureuse. « Avec Pascal, nous avons signé à Joué en même temps, je me revois tous les deux en compagnie Robert Bébien, le président. Il était le feu sur le terrain et la crème dans la vie. Doté d’un cœur énorme. Avec lui, rien n’était impossible, tout dans la joie et la bonne humeur. Un monstre de gentillesse en dehors du terrain. Sur le pré, il était très agile de … ses petits poignets. Aussi, avec lui et Loulou Lebrault, j’étais tranquille, personne ne venait m’embêter derrière mon paquet d’avants. »

BERTRAND BOURGEAULT

 

L’US Tours, en cette douloureuse disparition, s’unit à la peine de ses proches et présente ses sincères condoléances à Sophie, son épouse, Julie et Arnaud, ses enfants, Mathilde et Arthur, ses beaux-enfants, Franck, son frère, ainsi quà toute la famille et ses proches.

A l’époque où il était manager de l’UST, Pascal Péguy (à g.) aux côtés de Hervé Audaire et sa collaboratrice GTM , Jean Jacques Jordi , et Jacques Savard (Photo Michel Allayrangues)

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