Dubarry, un champion de France à l'UST

30 avril 2020

Dubarry, un champion de France à l’UST

official statement Alors que le rugby est actuellement en plein sommeil, Franck Cohen et Sébastien Velez, les deux entraîneurs de l’UST, s’activent pour bâtir un groupe en mesure, à l’issue de la saison prochaine, de monter en Fédérale 2. Et d’entrée, l’UST frappe un grand coup, au niveau du recrutement, avec la signature de Thibault Dubarry (1,98m, 106 kg). A 32 ans, ce solide deuxième ou troisième ligne, passé par Brive, Biarritz et le Racing, a décidé, après huit ans en Top 14 et deux en Pro D2, de tourner la page avec le haut niveau pour revenir en Touraine. Explications.

cheap provigil uk « Je savais que je reviendrai un jour… ». Confiné à Anglet, avec Carole, sa compagne et Olivia, leur fillette de huit mois, Thibault Dubarry n’a aucun regret. « Nous nous sommes posés la question, avoue-t-il, car nous aurions bien aimé vivre au Pays Basque, mais Tours nous a semblé le meilleur compromis. Sincèrement, je suis soulagé de rentrer à Tours. Nous nous rapprochons de nos familles. Celle de Carole est sur Tours. De mon côté, mes parents vivent à Chartres et ma sœur et mon frère à Orléans. Durant toute ma carrière, même quand j’évoluais au plus haut niveau, j’ai toujours songé revenir. J’adore la ville. A l’UST, il y a plein de gens, que j’apprécie parmi les dirigeants et les bénévoles. Et puis, il y a mes potes. »

En fait, Dubarry n’a pas connu l’école de rugby. Originaire de Chartres, il est arrivé en 2002-2003. A quinze ans, pour jouer en cadets puis en Crabos, à l’UST puis à Touraine Plus. « J’ai adoré cette époque, se souvient-il. En juniors, nous nous étions frottés à Agen, Montauban et Toulouse, contre qui nous perdons en quarts de finale. J’avais de super coachs avec Eric Ducelier, Olivier Boulier, puis Thierry Neveu et Rodolphe Estève. Je jouais avec Jérémy (Dioton), Pierre Alexandre (Barré), Fabien (Petit), Kevin Chaudun et Maxime Pluviaud. Depuis, nous nous revoyons fréquemment, ce sont mes amis. »

http://guitarlessonsindavis.com/561-dte99805-dating-during-divorce-in-new-york.html « A Brive, pour la couleur des maillots… » Jamais, Thibault, même dans ses rêves les plus fous, n’envisageait de réussir dans le monde d’ovalie. « Le rugby, je n’y connaissais rien, confesse-t-il. Tout juste si je regardais le Tournoi des Six Nations avec mon père. » Oui, mais le gaillard avait des aptitudes, et, en sélection de jeunes, il a rapidement été repéré. Sollicité par plusieurs clubs, Thibault choisira le C.A.B. « C’est la seule équipe, qui me parlait, car les Corréziens avaient gagné la première Coupe d’Europe et, puis, se marre-t-il, j’aimais bien la couleur de leurs maillots (blanc et noir). » Comme quoi, parfois, une carrière ne tient pas à grand chose …

A Brive, Thibault retrouvera Damien, le fils de Thierry Neveu. Il découvrira un club bien structuré et fera la connaissance de coachs talentueux comme Ugo Mola et Didier Casadeï. Après trois saisons en Espoirs, la porte de la première s’ouvre et Thibault s’y engouffre. Sa carrière était lancée. En Corrèze, il côtoie des joueurs renommés comme Le Devedec, Claassen, Vahaamahina, Domingo, Péjoine, Estebanez, Palisson et un certain Arnaud Méla, avec qui il sera associé en deuxième ligne. http://astrohub.co.in/356-dte69995-joaquin-phoenix-movies-about-dating-robot.html La victoire contre Clermont (29-22), 7 janvier 2011, reste l’un des temps forts de sa carrière. « L’ASM était venue au grand complet (NDLR : avec Floch, Fofana, Malzieu, James, Bonnaire, Vermeulen, Lapandry, Privat, Pierre, Ledesma). Nous avions livré un énorme match. Dans le vestiaire, il régnait une ambiance de folie. Je m’en souviens encore. »

Il poursuit sa progression à Biarritz. Après trois saisons à Brive (2009-2012), Dubarry met le cap vers le Sud Ouest. A Biarritz, plus exactement, dans le club de Serge Blanco, où il restera deux ans (2012-2014). « C’était idéal pour continuer à apprendre. J’ai évolué aux côtés de supers joueurs que tu vois le samedi sur France 2 lors du Tournoi », raconte-t-il.

Et Dubarry, émerveillé, de citer en vrac les Barcella, Thion, Harinordoquy, Yachvili, Traille ou encore le jeune Teddy Thomas et le Tourangeau Raphaël Lakafia. Il se souvient de ses entraîneurs du moment, Laurent Rodriguez, Didier Faugeron et Serge Milhas, « souvent décrié, mais qu’il appréciait énormément. » Au terme d’une année difficile, le B.O. est relégué en Pro D2. C’est le temps pour Thibault de changer d’air et d’atteindre les sommets...

« L’appel de Laurent Travers a tout changé. » A 26 ans, Dubarry s’interrogeait sur la suite à donner à sa carrière. Jusqu’au jour où… « Mon portable sonne. Je décroche. Au bout du fil Laurent Travers, l’entraîneur du Racing. Il me demande si je serais intéressé de venir. Pour moi, c’était génial. Au sein de ce club, dont l’ambition était d’être champion de France, il n’y avait que des internationaux. Le Racing me faisait rêver. » Dubarry n’a pas été déçu. « Le Centre d’entraînement, les infrastructures, l’encadrement, les déplacements en train, en avion, les réceptions, c’est le top, admet Thibault. Au Racing, il y avait une recherche d’excellence, qui te tire vers le haut. Après, c’est dur de rebondir ailleurs, la motivation est différente. J’aurais pu durer un peu plus longtemps, mais c’est déjà bien le parcours que j’ai fait. »

Dubarry n’a pas oublié ces trois années merveilleuses passées avec des stars comme Carter ou Rokocoko. Pourtant, au milieu de toutes ces vedettes, Thibault ressortira deux personnalités, le Néo Zélandais, Chris Masoe, titré partout où il est passé, et Henry Chavancy, « un Monsieur du rugby, trop méconnu » Il rend hommage aussi à son président « Jacky (Lorenzetti), c’est la classe. Très proche de ses joueurs, il est toujours content de te revoir. »

Le meilleur souvenir de sa carrière, Thibault l’a sans doute connu chez les ciel et blanc. « L’année 2016, je joue pratiquement la majorité des matches, j’étais au sommet de ma forme. Jusqu’à la venue de Clermont, (le week-end du 1 mai) à Colombes. En fin de match, je retombe mal et je me déchire les adducteurs. Avant le quart face à Toulouse, je me fais opérer. Voilà comment j’ai raté la fin de saison, alors que j’avais de bonnes chances d’être dans le groupe. La finale victorieuse contre Toulon (29-21), au Camp Nou à Barcelone, je la vis en costume des tribunes. Dommage, car la saison se terminait en apothéose. »

L’année suivante sera moins glorieuse. Il ne joue que huit matches. Après trois saisons dans les Hauts de Seine (2014-2017), il ne sera pas gardé.

Retour à Biarritz, avant de finir à Anglet. Ce ne seront pas les années les plus réussies de sa carrière. Le B.O connaît des heures sombres. Thibault aussi. Il se blesse gravement à une épaule et aura du mal à refaire surface. « Mon corps commençait à couiner de partout, précise-t-il. Mentalement, je n’avais plus envie de me préparer, je n’avais plus la flamme. Il me restait un an de contrat, mais, d’un commun accord, nous nous sommes séparés. Malgré tout, j’avais encore envie de jouer, j’ai alors signé à Anglet en Fédérale 1. Parallèlement, j’ai voulu reprendre mes études à Bordeaux. Comme j’avais déjà ma licence de STAPS, je rêvais d’être prof d’EPS. Mais très vite, je me suis rendu compte que je ne pouvais mener de front rugby et études avec les allers et retours. De nouveau, j’ai décroché. »

« Je viens pour rendre service. » C’est là que l’idée de rentrer en Touraine refait surface. « Je viens pour filer un coup de main à l’UST, assure Thibault. Deuxième ligne ? Troisième ligne ? Peu m’importe, les entraîneurs me mettront où ils veulent. Je veux uniquement pour prendre du plaisir. Je vais d’abord jouer une saison. Après on verra. Si j’ai encore la motivation, je prolongerai. Si mon corps me dit stop, j’arrêterai et j’entraînerai les jeunes. »

A Tours, où il aimerait pouvoir venir prochainement visiter une maison, car il arrivera en août, il entend s’inscrire en alternance pour passer un brevet professionnel. « Avec mon bagage et mon diplôme d’entraîneur, j’espère me faire connaître. Deux jours à l’école, trois sur le terrain, cela va me plaire. » Visiblement, Dubarry aspire à une nouvelle vie. En attendant, il n’oublie pas de remercier les dirigeants qui l’ont aidé à dénicher un emploi pour sa femme.

Cohen : « Une vraie valeur ajoutée »

Bien évidemment, Franck Cohen ne peut que se réjouir de l’arrivée de Thibault Dubarry. « C’est une superbe opportunité pour le club, se félicite l’entraîneur de l’UST. Par son vécu et son expérience du haut niveau, Thibault va nous apporter énormément. Dans le domaine de la touche notamment, où nous avons connu quelques difficultés. Quand il prendra la parole, il sera écouté. Pour nous, c’est une aubaine de pouvoir accueillir un joueur de cette qualité. Après une brillante carrière, il avait manifesté la volonté de revenir à Tours. C’est donc son choix. Il a envie d’apporter, c’est vraiment chouette. Devant, il va aider des garçons comme Hamed Diarra, en deuxième ligne ou Léo Guillemet et Martin Raguin, en troisième ligne, qui sont en plein apprentissage, à progresser. Ils auront intérêt à ouvrir grand leurs oreilles. Pour l’équipe, Thibault est une vraie valeur ajoutée dans notre projet d’entraînement et de jeu. Néanmoins, il ne va pas falloir que nous tombions dans le syndrome du sauveur et croire que la simple arrivée de Thibault va nous assurer de la montée en Fédérale 2. »

Bertrand Bourgeault

Dubarry, soutenu par Le Devedec et Henn, s’élève au dessus de tout le monde. Derrière, on devine Mela, le barbu. En face, on reconnaît Albacete, Maestri et Nyanga lors d’un match Toulouse – Brive.

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